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Alexandre ADLER soutient la maire candidate Anne Hidalgo

Ville — 06 février 2020

Lettre ouverte de soutien d'Alexandre Adler à la maire candidate Anne Hidalgo

« Une fois de plus, j’apporte le même soutien dont j’ai toujours fait bénéficier Anne Hidalgo dans les attaques qu’elle a subies comme dans les victoires qui ont couronné son action. Mais aujourd’hui, avec cette bataille électorale tout à fait décisive, non seulement pour Paris, mais cette fois-ci pour la France tout entière, nous comprenons parfaitement que les enjeux sont beaucoup plus complexes et beaucoup plus difficiles. Ce sera une bataille chaude et il faut la gagner à tout prix en étant conscient des dangers et des obstacles qui sont d’ores et déjà sur notre route. J’ai essayé en écoutant le meeting extraordinaire qu’Anne Hidalgo a mené avec son habitude qu’on lui connaît, peut-être un peu déjà : absence totale de démagogie, absence totale d’effets de manche et de rhétorique creuse, absence totale de concessions démagogiques à son auditoire qui aura subi un exposé complet de sa stratégie sans aucune dissimulation ni aucune ruse, bref l’Anne Hidalgo que j’ai toujours connue et dont le courage, l’esprit civique et la rigueur ne se démentiront donc jamais, même dans le moment le plus grand du danger où certains n’hésiteraient pas à faire appel à toutes les ficelles démagogiques et à tous les mensonges de convention qui, après tout, sont tout à fait autorisables dans une période de difficultés politiques et de bataille intense comme celle que nous vivons. Mais elle, jamais. 

C’est bien sûr la raison fondamentale pour laquelle mon soutien lui est acquis inconditionnellement. Mais réfléchissant à son discours, j’ai aussi essayé de hiérarchiser les raisons véritables que l’on a de voter pour elle et au lieu de les faire monter dans un ordre de progression, je commence par le plus important : son courage et sa capacité de faire face dans des situations véritablement tragiques. Tout cela, les Français, mais aussi beaucoup d’étrangers et ont été les témoins lors du terrible incendie de la cathédrale Notre-Dame. Là où d’autres auraient fait pleurer les chaumières, nous l’avons vue la tête froide, extrêmement réfléchie, extrêmement courageuse, être directement au milieu des flammes quasiment, en tout cas au milieu des Parisiens, touchée par cette tragédie particulièrement atroce et qui a manqué de nous priver totalement du symbole même de Paris, la cathédrale Notre-Dame. Là, nous avons vu qui était Anne Hidalgo, comment elle réagissait et comment par la suite elle a continué à réagir en calmant les paniques en renforçant la résolution des gens, en écoutant tous les acteurs de ce drame terrible et en essayant de rassembler les bonnes, et les mauvaises volontés parfois, pour arriver rapidement à une solution. C’est le premier argument que tous les Français ont a l’esprit et qu’ils auront encore à l’esprit au moment de voter quand bien même ils sont agacés par les embouteillages, quand bien même ils sont agacés pas le blocage d’une partie de la capitale, quand bien même ils se rendent bien compte de tout ce qui n’a pas été fait ou n’a pas pu être réalisé, parfois bien, pas du tout par Anne Hidalgo, qui hérite ici d’une situation, mais par d’autres. Pourtant, ils éprouvent de la grogne, de la hargne, de la colère et de la tristesse qui sont celles que nous éprouvons tous en raison de la terrible épreuve nationale qui nous est infligée tous les jours et qui n’est pas facile à supporter. Cela, Anne le sait et le comprend, mais elle est également la première à agir là où elle le peut, pour le rendre le plus supportable possible. Quiconque s’est déjà promené à Paris dans des quartiers difficiles où des arrondissements à risque a pu se rendre compte de l’immense travail qui a déjà été fait, de la façon dont le ravalement est partout effectif, dont des endroits marqués par la saleté et la malpropreté ont disparu comme par un coup de baguette magique, mais la baguette magique n’a rien de magique et nous la connaissons. 

L’autre argument que je voudrais avancer tout de suite, c’est celui du pluralisme. Anne Hidalgo est quelqu’un qui profondément, par formation et je dirais malgré son caractère volontiers autoritaire, parce que comme tous les gens qui ont des idées, ils sont impatientés par les résistances et surtout quand elles sont de mauvaise foi, malgré tout cela donc, Anne Hidalgo est une enfant de la République espagnole dans ce qu’elle a de plus pur et dans ce qu’elle a de plus grand. La République espagnole a résisté pendant des années à des forces qui lui étaient manifestement tout à fait supérieures, bien plus encore si l’on pense à la contribution permanente de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste à la victoire du parti de Franco et des siens… Anne Hidalgo comme les Républicains espagnols dont elle est l’expression la plus pure ont su résister en rassemblant. Cet esprit de rassemblement est très profond en elle, c’est même la raison pour laquelle tous les anciens communistes, dont mon père et tant d’autres, ont été persécutés dès le retour d’Espagne, parce que Staline savait combien les Républicains espagnols étaient contraires à tout ce qui prévalait en Russie à la même époque. En Espagne tout le monde a eu le droit à la parole jusqu’au bout, personne n’a été ostracisé, les anarchistes ont fait partie d’un gouvernement au même titre que d’autres formations beaucoup plus conservatrices en réalité. Finalement, cette maison espagnole, cette maison de la République a été une leçon de choses que certains partis communistes ont apprise, d’autres ont fait tout pour l’oublier, mais la réalité est bien là. Chez Anne Hidalgo, il y a quasiment dans sa construction génétique, l’idée que tout le monde a le droit à la parole, qu’on fait « avec tout le monde », et pas uniquement avec un clan, un groupe ou une secte. Dans les conditions que nous vivons, cela est plus que jamais vrai. Anne Hidalgo n’a jamais gouverné contre quiconque, et toute personne qui a fait montre à son égard de bonne volonté et d’esprit constructif a eu sa place dans sa coalition et l’aura demain. C’est la seconde raison pour laquelle bien entendu, mon attachement lui est, je le répète encore, inconditionnel. 

La troisième raison, un troisième argument très important, est qu’Anne Hidalgo n’est pas préoccupée de manière totale par son avenir. Entendons-nous bien, elle a tout à fait raison de penser à son avenir et à mon avis, après l’exploit qu’a représenté la transformation de Paris et son action dans la capitale, son avenir se situe déjà bien au-delà de Paris et au-delà de la France. Il est évident que son nom est sur beaucoup de lèvres en Espagne où l’attachement qu’elle suscite n’a rien d’artificiel. Il l’est aussi en Italie où le pays s’efforce de s’extirper, curieusement d’ailleurs avec la complicité de Berlusconi, des néo-fascistes les plus actifs qui sont aujourd’hui entrain d’essayer de transformer ce pays et qui n’y parviendront évidemment pas. Mais c’est aussi le cas à New-York, où la mairie de New-York a tissé avec elle des liens tout à fait étroits. Nous avons donc aujourd’hui une dimension internationale que nous perdrions de manière absolument absurde et suicidaire en ne donnant pas à Anne Hidalgo un troisième mandat dont elle a besoin pour parfaire sa victoire. 

Bien entendu, il y a dans la politique que Anne a développée une idée visionnaire, une idée de l’avenir, une idée continentale, voire mondiale, qui est aujourd’hui au diapason de ce que nous vivons : la première mondialisation politique effective de notre monde, et Anne Hidalgo l’exprime mieux que d’autres. Dans ces conditions, je pense aussi que le vote pour Anne Hidalgo n’est pas un vote mondial, que Dieu me préserve de cette outrance, mais c’est un vote politique réfléchi pour quelqu’un qui a pris toute la mesure de la mondialisation nécessaire. Bien entendu, les transformations qu’elle a imposées, parfois avec difficulté avec Paris, des transformations qui ne datent pas d’elle et qui continueront après elle, ce sont des transformations qui sont liées elle-même à une vision de la capitale dans le monde. Nous savons bien que Paris n’est pas une ville indifférente, et cela pour beaucoup de raisons. 

Me permet-on dans cette profession de foi peut-être un peu longue, un dernier point ? 

Je connais Anne Hidalgo d’abord effectivement par la solidarité qui lie tous les anciens de la République espagnole, au rang desquels je me compte, mais aussi, j’ai été tout de suite frappé par l’ouverture d’esprit et je dirais l’extraordinaire attachement qu’elle a, envers tous les accidentés de la route, de ce qu’il y en a beaucoup aujourd’hui, y compris d’ailleurs dans les planchettes et autres moyens de locomotion qui mériteraient bien sûr une sanction mais sûrement pas la peine de mort ou la tétraplégie qui malheureusement menace beaucoup de gens qui sont renversés dans la rue. Non, je sais que Anne est particulièrement solidaire de tous les gens qui sont en difficulté. Et quand elle sent cette difficulté, elle n’a pas à s’interroger longtemps ; elle va au-devant des difficultés elle-même pour venir au secours des autres, et ceci me touche au-delà de ce que je pourrais exprimer. Bien entendu, elle est particulièrement sensible à la misanthropie, à la haine des femmes, des handicapés et de tous ceux qui ont besoin qu’on les soutienne. Elle est aussi sensible, très fortement et sans que je n’ai jamais eu à la solliciter, sur ce point, à une question qui m’est à cœur, celle de l’antisémitisme, que simplement elle ne peut pas tolérer. Bien entendu, ceci n’est pas exclusif, mais elle a aussi un attachement à la communauté juive dans ses difficultés et même dans ses errements parfois… une des choses qui appelle de ma part un soutien non seulement de la raison, mais aussi du cœur. 

Pour toutes ces bonnes raisons, elles sont évidentes, qui ont été expliquées par tant d’orateurs talentueux lors de son meeting électoral où j’ai eu l’honneur de figurer, je pense encore aujourd’hui que plus que jamais, il faut assurer à Anne Hidalgo la victoire qui semble possible. Une victoire qui sera la victoire d’une coalition : une coalition ouverte, démocratique et respectueuse des autres. Cela, au temps où nous sommes, nous ne le trouvons pas tous les jours et ce serait criminel de le perdre. »