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Café Fabrique : Quelle ville du quart d’heure dans le 14e arrondissement?

14e arrondissement — 27 février 2020

Mardi 25 février, Carine Petit et son équipe ont accueilli Carlos Moreno pour présenter la Ville du quart d’heure lors d’un café fabrique réunissant près de 70 personnes attentives et intéressées. 

Carlos Moreno est un universitaire, chercheur sur les politiques urbaines et territoriales en France et dans le monde. Depuis 7 ans, il travaille sur le concept de la temporalité dans la Ville. 

Dans les métropoles mondiales, nous connaissons des problèmes de mobilité entrainant de longs déplacements. Les Villes se sont développées sans réflexion sur les conséquences en termes de temps pour les habitants. Le temps passé dans les déplacements est un temps de repli sur soi ; les modes de déplacements sont individuels, anonymes et subis.

Or, le temps est un élément majeur de la qualité de vie. 

La qualité de vie nous permet de nous épanouir dans notre capacité à faire à proximité ses courses, à accéder aux soins, à la culture, à un emploi, ou à des activités de loisirs. Selon des études scientifiques, la proximité se définit différemment d’un individu à un autre et selon les besoins recherchés : 10, 20 ou 30 minutes ? Le Quart d’heure est une juste moyenne. 

L’idée principale est de permettre à chacun de découvrir ce qui s’offre autour de lui et profiter au maximum des possibilités de son environnement proche. 

Beaucoup de lieux ne servent qu’à une seule activité. Or on ne peut plus créer de m². Chaque lieu doit être considéré comme « un commun ». Chaque lieu doit devenir autre chose que sa destination initiale. Une discothèque peut être utilisée en salle de sport la journée ; une cour d’école peut devenir un square le week-end ; un café un lieu de travail ; … 

Les lieux doivent être réfléchis dans leur usage quotidien, hebdomadaire et saisonnier. C’est le principe de la chronotopie : faire coïncider le temps et l’espace

L’utilisation des lieux à proximité de chez soi permet d’offrir des services, de l’attention, de la bienveillance et de la solidarité. On se connait, on pratique des activités ensemble, on prend le temps de vivre. 

Dans le 14e, le dynamisme associatif est terreau fertile pour faire vivre ce concept. L’implication des citoyens et l’engagement des professionnels (gardiens d’immeuble, directeurs d’école, animateurs sportifs, …) est le gage de la réussite du vivre ensemble en proximité. Les participants du Café-Fabrique ont tous cité des lieux créant déjà beaucoup de lien social : le moulin à Café, L’Annexe, les Grands Voisins, les Centres Paris-Anim’, la Commission territoriale de santé…

La conception de la Ville doit encore évoluer pour mettre de multiplier ses lieux. L’espace public doit devenir un lieu de rencontre et d’activités communes. Les écoles doivent se transformer en capitale du quartier. Chacun doit investir des lieux pour tous pour permettre des services et activités collectives. Prendre soin des biens communs est un gage de qualité de vie, de sécurité et de propreté. 

Nous ne devons pas subir les changements climatiques, sociaux et démocratiques. Nous devons les anticiper pour profiter de la vie et de la ville. Nous devons passer du « développement urbain » à « l’aménagement de la vie urbaine ».