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La pollution de l’air a-t-elle diminué à Paris pendant le confinement ?

Climat, Covid-19, Ecologie, Ville — 13 juin 2020

Le confinement causé par la lutte contre l’épidémie de Covid-19 nous aura permis d'observer Paris dans des conditions inédites : quels ont été les effets du confinement sur la pollution de l'air ? Quels bénéfices pour la santé des Parisiennes et des Parisiens ?

Après un mois de février historiquement bas dû à une météo très favorable (successions d’épisodes dépressionnaires avec vents dispersifs empêchant la stagnation et l’accumulation des particules fines) et une première quinzaine de mars comparable aux années précédentes, le profil de la pollution dans Paris intramuros a considérablement évolué dès le démarrage effectif du confinement le lundi 16 mars.

Très rapidement, les émissions de dioxyde d’azote NO2 (essentiellement liées au diesel et au chauffage) se sont effondrées de 50%. Cette chute historique s’est ensuite amplifiée avec l’arrêt du chauffage urbain, dû à l’arrivée des beaux jours, pour atteindre une diminution de 70% de ces émissions.

Comme attendu également, les taux de PM2.5 (particules fines dont le diamètre est inférieur à 2.5 µm) ont également sensiblement chuté, à hauteur de -33% sur la période de confinement.

Il est intéressant de noter que l’épandage d’ammoniac en périphérie de la ville a, malgré la disparition du trafic, provoqué plusieurs journées de dépassement du plafond journalier de l’OMS, notamment fin mars. Cet arrêt brutal de la circulation et de la pollution qui en découle directement nous a fourni l’occasion unique de montrer l’impact polluant des épandages, source souvent méconnue du grand public.

Enfin et maintenant que nous savons que la « mortalité de la grippe saisonnière » est très directement liée aux pics hivernaux de PM2.5, nous devons regarder avec attention les statistiques. La réduction des deux tiers du taux de PM2.5 sur l’ensemble du mois de février s’est ainsi traduite par une sous-mortalité notoire sur l’ensemble du mois, malgré la concomitance de la grippe saisonnière. L’effet bénéfique de cette pollution excessivement faible se retrouve également en première quinzaine de mars, avant l’arrivée du Coronavirus.

Globalement, bien qu’elle ne compensera pas la surmortalité due au Coronavirus, l’analyse fine de la baisse de la pollution de l’air à Paris, permettra de montrer qu’une réduction du trafic a un impact positif immédiat sur la santé des Parisiennes et des Parisiens.

Découvrez ce que nous avons fait et ce que nous souhaitons faire pour lutter encore davantage contre la pollution de l’air à Paris.