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Le discours d’Anne Hidalgo à l’Elysée Montmartre

Participation citoyenne, Ville — 02 mars 2020

Retour sur les mots prononcés par Anne Hidalgo lors du meeting du 26 février 2020, à l'Elysée Montmatre

Mes amis,

Je suis si heureuse d’être là avec vous ce soir, fière de vous voir si nombreux, pleine d’énergie devant votre enthousiasme. 

Merci !

Merci à toutes celles et ceux qui se sont engagés dans Paris en Commun. 

Vous avez été si nombreux, venus de tous les horizons, avec des parcours différents, des histoires singulières. 

Vous vous êtes rassemblés depuis des mois, le soir et les week-ends, pour échanger, débattre et bâtir un projet concret pour notre ville. 

À partir de votre expérience de parent, de retraité, d’étudiant, de jeune actif, d’habitant de l’est ou de l’ouest de Paris, de la rive gauche ou de la rive droite, du centre ou des arrondissements à deux chiffres, en un mot, à partir de votre vie de Parisiennes et de Parisiens, vous avez imaginé un Paris en commun. 

Un Paris écologique et solidaire. 

Un Paris où on se déplace plus facilement. 

Un Paris qui aide celles et ceux qui en ont besoin à se loger. 

Un Paris plus vert, plus beau, plus propre.

Un Paris qui innove. 

Un Paris qui fait une place à chacune et à chacun. 

Un Paris qui redonne du temps et du sens aux choses. 

Un Paris où on respecte ses aînés. Un Paris où on élève ses enfants en toute confiance.

Un Paris uni pour construire son avenir.

Parce qu’il est là l’enjeu de cette élection. 

Comment vivrons-nous à Paris dans 5 ans ? Dans 10 ans ?

Comment vivrons-nous à Paris alors que le changement climatique a déjà commencé ?

Alors que nous vivons déjà des étés à 43°, que nous observons des crues de la Seine de plus en plus imprévisibles, que nous subissons des tempêtes hivernales de plus en plus fréquentes, que les forêts australiennes brûlent, que l’Amazonie disparaît et que les pôles ne seront bientôt plus les régulateurs qu’ils étaient.

Comment vivrons-nous à Paris alors que les inégalités se creusent entre ceux qui ont toujours plus et ceux qui n’ont plus assez ? 

Ceux qui ont construit leur vie avec cette idée qu’en travaillant, en étant droit, digne, ils offriraient une vie meilleure à leurs enfants. 

Je suis la fille de cet idéal-là, à qui on a dit que l’école de la république était la voie pour s’élever, que l’université était le temple du savoir et de l’intelligence, que cette intelligence devait être mise au service du bien commun. 

Où en est cet idéal aujourd’hui ?

Celles qu’on appelle les classes moyennes et les catégories populaires décrochent.

Elles décrochent d’abord parce que la vie est trop chère. Elles décrochent aussi, surtout, parce que la destruction continue de nos services publics leur fait perdre confiance en nos institutions, en notre pacte républicain, en leur avenir. 

Là, se situe peut-être le plus grand danger pour notre démocratie, une voie ouverte à la violence et à la haine, la perte du sens de ce que nous avons en commun.

Car comment vivrons-nous à Paris si nos rapports ne sont plus régis que par l’argent, si nos relations ne sont plus que défiance et compétition, si notre ambition n’est plus qu’individuelle ?  

Voilà la responsabilité d’une Maire. 

Ne pas être spectatrice mais actrice. Regarder l’avenir et le fabriquer de ses mains. 

Avec cette même force, qui a porté le peuple de Paris pour conquérir sa liberté. 

La République n’est ni une nostalgie à regretter, ni une utopie à construire, elle est une réalité à défendre.

Et je la défendrai de toutes mes forces, parce qu’il n’y a rien de plus injuste que de se voir assigner une vie en fonction de là où on est né et où on a grandi. 

Je défendrai de toutes mes forces ce Paris ou chacune et chacun trouve sa place.

C’est l’essence de notre ville. Le lieu des possibles. 

Mes amis, nous sommes à un moment de notre histoire où le monde est en train de basculer. Il ne faut pas minimiser l’enjeu de cette élection. Nos modes de vies changent, ils changent profondément, ils changent rapidement, et pour les élus il y a deux options. 

La première, subir ces changements, les freiner voire les nier pour qu’ils ne bousculent pas trop nos habitudes, les refuser parce qu’ils atteignent les intérêts des lobbys qui ont beaucoup à y perdre. 

La seconde, c’est comprendre et maîtriser ces changements pour que Paris, soit une ville agréable à vivre aujourd’hui et pour les générations futures.

Ne nous leurrons pas, face à nous, et derrière les discours de façade, il y a un autre projet : un véritable retour en arrière pour Paris.

Le retour en arrière c’est voir revenir les voitures là où les Parisiennes et les Parisiens se sont approprié l’espace.

Le retour en arrière c’est une ville qui aurait pour toute ambition de ne surtout rien changer. Ce serait un affront à l’histoire de notre ville dont l’âme est de se réinventer sans cesse.

Le retour en arrière c’est privilégier ce qui est, regretter ce qui était, ne pas préparer ce qui sera.

Le retour en arrière c’est ne plus construire de logements sociaux alors que nous en avons cruellement besoin.

Le retour en arrière c’est augmenter les tarifs des cantines pour les plus modestes.

Le retour en arrière c’est revenir sur la gratuité des transports pour les personnes en situation de handicap, les séniors et les plus jeunes. 

Nous continuerons à construire ces logements, nous continuerons à faire des repas à 13 centimes, nous continuerons à créer des places en crèche, à rénover les écoles et les collèges, à aider ceux qui en ont le plus besoin. Parce que le service public est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

Le retour en arrière c’est un ville qui s’éteint peu à peu.

Le retour en arrière c’est une ville qui n’investit plus pour son avenir.

Mes amis, certains voudraient revenir au temps où le Maire de Paris était nommé par le pouvoir central. Au temps où il n’était qu’un exécutant chargé d’administrer la capitale. Au temps où le destin de Paris se jouait ailleurs qu’à l’Hôtel de Ville. 

Mais Paris n’est pas une récompense pour service rendu.

Et chaque fois qu’on a voulu leur imposer un choix, les Parisiennes et les Parisiens ont décidé par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Ils ont choisi ceux qui les connaissaient vraiment, ceux qui défendaient l’honneur de leur ville, ceux qui n’avaient d’autre ambition que de les servir.

D’autres voudraient un Paris de l’entre soi, aseptiser la ville, rejeter ce qui les encombre au dehors. 

Mais Paris n’est pas cette ville-là. Paris est diverse. Sa diversité est sa force, un gage de solidité face aux épreuves, le moteur de son dynamisme.  

Paris est une capitale mondiale. Paris bouge, Paris invente, Paris se réinvente à chaque génération, et la génération qui est là aujourd’hui, ce soir, cette génération nous dit qu’elle veut agir pour la planète. 

Ouvrir une voie nouvelle vers une ville écologique et solidaire, où la valeur qui préside à l’action publique est celle du respect de la dignité humaine.

Cher Jean Jouzel, je veux te remercier pour ton engagement à mes côtés. 

Tu es la conscience de ce Paris en Commun que nous bâtissons. Tes travaux auprès du GIEC, qui t’ont valu un prix Nobel, nous rappellent l’urgence à agir face aux dérèglements du climat. 

Ton engagement dans cette campagne et ton optimisme, nous disent que les transformations que nous imposent ces dérèglements, sont une opportunité unique de changer notre rapport à la ville et à la vie.

Mes amis, en six ans, beaucoup a été fait. 

Six ans, en fait c’est court. 

Car les transformations que nous engageons se réalisent sur un temps beaucoup plus long. 

C’est ce qui rend la mission de Maire si passionnante, il faut dans le même temps, améliorer la qualité de vie des Parisiennes et des Parisiens, et préparer notre ville pour les générations futures.

Nous avons vécu tellement de choses durant ces six années. Le pire et le meilleur. De tous ces évènements, je ne peux ni ne veux en oublier aucun parce qu’ils font aujourd’hui partie de moi, parce qu’ils sont des pages de l’histoire de Paris.

Je me souviens de mon émotion lors de ma première visite officielle, en tant que Maire, au mémorial de la Shoah, un nouveau livre d’or venait d’être ouvert, une page blanche sur laquelle nous avons pu écrire notre unité, chaque fois que la haine de l’autre a menacé de nous diviser. 

Je voudrais saluer Serge et Beate Klarsfeld qui sont présents ici ce soir, vous nous avez transmis le flambeau, merci. 

Je me souviens aussi de cet été 2015 qui a vu arriver la première vague de réfugiés venus de pays en guerre. 

Nous avons été laissés seuls face à cette crise. Et à celles et ceux qui se laissent aujourd’hui aller aux amalgames, je dis ; parce que j’ai rencontré ces femmes, ces hommes et ces enfants, parce que j’ai écouté leurs histoires et entendu leurs souffrances, parce que simplement ma conscience, ma conscience me dicte de le dire, j’assume que Paris tende la main aux réfugiés. 

C’est une question de dignité, la dignité de celles et ceux qui nous demandent de l’aide et qu’on ne peut laisser survivre dans des conditions pareilles, mais aussi la dignité de celles et ceux qui offrent leur aide, et qui sont le plus beau visage de Paris, celui de la solidarité et de la fraternité. 

Les amalgames sont dangereux. Assimiler migrants et terrorisme est indigne. De la violence du verbe naîtra plus de violence encore. De l’indifférence naîtra le ressentiment, la défiance, la peur et le rejet de l’autre. 

Ce Paris qui se referme sur lui-même n’est pas le nôtre, ce n’est pas celui que nous voulons.

Nous voulons un Paris ouvert, un Paris uni, un Paris qui avance.

Je me souviens aussi de la signature de l’accord de Paris sur le climat lors de la COP 21. 

Nous étions 1000 maires à l’Hôtel de Ville et ce jour là, le rôle des villes dans la lutte contre le réchauffement climatique est apparu aux yeux du monde entier.

Je me souviens de ce moment où nous avons gagné les Jeux Olympiques et Paralympiques. Tout le monde disait que c’était perdu d’avance. Pourtant nous avons gagné, et ils seront le moteur des transformations du Grand Paris et de la Seine Saint-Denis. 

Je me souviens des lobbys, qui dans mon bureau même, me disaient qu’ils me feraient payer l’interdiction du diésel. 

Je me souviens des sourires des Parisiennes et des Parisiens à l’ouverture des berges de Seine.

Je me souviens des moments où Paris a souffert. 

Je me souviens aussi comment, face aux épreuves, les parisiennes et les parisiens sont restés unis et debout.

Nous affronterons d’autres épreuves encore. Je pense à la crise sanitaire qui s’ouvre. Face au coronavirus, aux côtés des Parisiennes et des Parisiens, nous devons être unis, sérieux, responsables.

Mais je sais que Paris est une ville courageuse.

Une ville indépendante. Une ville créative qui s’est hissée au premier rang des capitales mondiales de l’innovation, sans jamais oublier que le progrès doit être au service de l’humain.

Une ville au féminin. Une ville généreuse. 

Une ville magnétique. 

Une ville qui respire.

Voilà ce qu’est Paris !

Nous pouvons en être fiers !

Mes amis, nous avons Paris en commun.

Notre ville, une langue universelle, qui lie toutes celles et ceux qui y habitent, et nous relie au monde. 

Nous avons en commun une histoire et un avenir. 

Nous avons en commun des valeurs. 

Nous avons en commun un projet pour Paris… tout le monde ne peut pas en dire autant.

Ce projet a été bâti à partir des préoccupations des Parisiennes et des Parisiens.

Un projet écologique et solidaire pour répondre à leurs attentes.

Oui, les parisiennes et les Parisiens veulent une ville toujours plus verte, une ville qui respire.

Alors nous continuerons à lutter contre la pollution, devant les écoles, les crèches, partout où les Parisiennes et les Parisiens sont exposés. 

Avec la fin du diesel et des cars de tourisme d’ici 2024 et la fin des véhicules thermiques en 2030. 

Nous investirons pour la rénovation des logements et le pouvoir d’achat de ceux qui y habitent. 

À chaque naissance d’une petite Parisienne où d’un petit Parisien nous planterons un arbre.

Nous créerons quatre nouveaux grands parcs.

Nous transformerons le périphérique. 

Nous créerons des lieux pour prendre soin des animaux.

Oui les Parisiennes et les Parisiens veulent pouvoir se déplacer en transports en commun, à pieds ou à vélo en toute sécurité.

Alors c’est toute la ville qu’il faut repenser pour eux.

Nous transformerons des places de stationnement, en places pour les personnes en situation de handicap, pour les commerçants et pour les livraisons, en pistes cyclables et en trottoirs élargis. 

Nous ferons une ville pour les piétons et 100% cyclable.

Pour ne pas laisser s’installer l’anarchie, nous instaurerons ensemble un « code de la rue » qui permettra de se déplacer en toute sérénité. Je pense bien sûr toujours à nos aînés, aux personnes en situation de handicap et aux familles pour lesquels nous maintiendrons la gratuité des transports.

Nous réaménagerons des places emblématiques parisiennes et les Champs-Élysées. 

Oui les Parisiennes et les Parisiens veulent qu’on les aide dans leur quotidien.

Et parce que le loyer est la première des dépenses, nous agirons sur le logement.

Je maintiendrai l’encadrement des loyers et nous atteindrons 25% de logements sociaux d’ici 2025. Partout dans Paris, à l’est comme à l’ouest.

Nous permettrons aux classes moyennes d’accéder à des loyers 20% inférieur au prix du marché. Grâce à une société immobilière mixte qui investira 20 milliards en 6 ans pour 30 000 logements.

20% en moins c’est la chambre en plus, pour la petite dernière où le petit dernier.

Oui les Parisiennes et les Parisiens veulent manger mieux parce que c’est notre santé qui est en jeu.

Il ne doit pas y avoir d’alimentation de première et de seconde classe.

Nous créerons une coopérative, « AgriParis », qui accompagnera les agriculteurs du bassin parisien pour aider à changer leurs pratiques, leur assurer des prix justes et faciliter les circuits courts. 

L’objectif c’est 100% bio dans les cantines scolaires, sans augmenter les tarifs, comme nous l’avons fait dans les crèches, et une option végétarienne à chaque repas. 

Nous ouvrirons des halles solidaires pour que chacun puisse avoir accès à des produits bios à des prix abordables. 

Oui les Parisiennes et les Parisiens veulent être fiers de leur ville parce que ce sont nos valeurs.

Nous continuerons à nous engager contre toutes les formes de discrimination sexistes, antisémites, racistes ou homophobes. 

Je veux que Paris reste une ville refuge des personnes LGBT+, pour les jeunes qui sont mis à la rue par leur famille, pour les réfugiés qui fuient un pays qui les persécute, pour celles et ceux qui veulent vivre leur genre, leur identité, leur amour en toute liberté. 

Parce que la culture LGBT+ fait pleinement partie de l’identité de notre ville, nous créerons un lieu de mémoire et d’archives en lien avec les associations, ainsi que la maison des cultures LGBT+ au cœur du Marais.

Le mémorial de la Shoah sera agrandi pour accueillir plus d’élèves. La cité audacieuse qui ouvrira dans quelques jours, fera de Paris la capitale du féminisme.

Parce que c’est à la fois un enjeu majeur de notre temps et une préoccupation quotidienne des Parisiennes, nous prendrons en compte les femmes dans tous les aménagements de la ville et nous ouvrirons de nouveaux centres pour accueillir les femmes victimes de violences. 

Nous lutterons contre la précarité menstruelle en distribuant les protections hygiéniques dans les équipements publics, dès le collège.

Oui les Parisiennes et les Parisiens veulent toujours plus de culture.

Afin de permettre à tous de découvrir ou de pratiquer la culture, notre priorité sera de l’ancrer dans la vie des quartiers. 

Nous renforcerons notre soutien aux librairies, aux cinémas indépendants, aux conservatoires, nous ouvrirons de nouvelles bibliothèques et des lieux de pratiques amateurs.

Un budget participatif permettra d’implanter des « Plateaux artistiques » aux portes de Paris, sur les places, dans les écoles, dans tous les lieux.

Nous maintiendrons la semaine de quatre jours et demi grâce à laquelle nous proposons aux enfants des activités artistiques gratuites.

Oui les Parisiennes et les Parisiens veulent s’engager pour les autres et pour leur ville parce qu’ils ont le goût des autres. 

Alors toutes celles et ceux qui le souhaitent seront formés pour réaliser des actions très concrètes : aider les sans-abri, accompagner nos aînés, passer au zéro-déchet, apprendre les gestes qui sauvent… 

Les kiosques citoyens que nous ouvrirons dans tous les quartiers seront des lieux pour débattre et pour s’engager.

Un quart du budget d’investissement sera participatif. Parce que la démocratie que nous voulons pour Paris est une démocratie qui permet d’agir concrètement au quotidien. 

Oui les Parisiennes et les Parisiens veulent une ville plus propre et plus sûre.

Alors nous investirons 1 milliard d’euros par an pour la propreté et l’embellissement de nos rues, de nos places et de nos jardins.

Nous éliminerons tout plastique à usage unique en 2024.

Et nous sanctionnerons plus lourdement celles et ceux qui ne respectent ni leur ville, ni les autres.

Grâce à une police municipale exemplaire et paritaire, de 5000 agents, visible et accessible 7j/7 et 24h/24, notamment le soir, la nuit et le week-end. 

Mais la mission de cette police municipale ne sera pas de faire le travail que la police nationale ne fait plus.

2,5 % Oui je dis bien 2,5 %, c’est le temps que passent les policiers nationaux dans nos rues, et on voudrait nous donner des leçons sur le niveau d’insécurité à Paris ?

L’explosion de la délinquance à Paris, est la conséquence directe du retrait des forces de police des rues parisiennes. 

La responsabilité de la sécurité des Parisiennes et des Parisiens est d’abord celle de l’État qui n’assume pas son rôle.

Mais comme je veux une ville plus sûre pour les Parisiennes et les Parisiens, je prends ma part, et la police municipale que j’ai créée est un effort sans précédent. 

Parce que nous voulons une ville apaisée. 

Ah l’apaisement !

Ce mot a une connotation particulière aujourd’hui. Tout le monde veut une ville apaisée, mais ce mot n’a pas le même sens pour toutes. 

Nous voulons une ville apaisée, pas une ville qui s’arrête, qui se fige, qui régresse. 

Mes amis, l’apaisement, c’est de rendre les Berges de Seine aux Parisiennes et aux Parisiens, c’est de transformer les places, c’est de permettre à tous ceux qui le souhaitent de faire du vélo. 

Mes amis, l’apaisement c’est un dialogue social permanent qui permet d’éviter que Paris ne devienne le champ d’affrontement des colères du pays.

Mes amis, l’apaisement c’est un hôpital public qui fonctionne et qui permet à ceux qui y travaillent d’exercer leur mission dans des conditions dignes.

Mes amis l’apaisement c’est de lutter contre la pollution qui détruit notre santé.

Ce qui est punitif ce n’est pas l’écologie, c’est l’absence d’écologie.

On ne joue pas avec la santé de nos enfants et de nos anciens.

On ne joue pas avec l’avenir de Paris. 

Nous sommes au rendez-vous de l’histoire, les Parisiennes et les Parisiens sont prêts à bâtir ce Paris écologique et solidaire, et je veux le porter en leur nom.

Mes amis, avant de terminer mon propos, je voudrais partager avec vous un très beau moment que j’ai vécu.

C’était il y a quelques semaines, à l’Hôtel de Ville, pour le premier anniversaire de la Halte que nous avons ouvert pour recueillir des femmes à la rue. 

Elles s’étaient faite belles, elles avaient préparé un petit buffet, elles avaient écrit une chanson qu’elles ont chantée devant moi. Je suis partie de la fête avec cette idée que tendre la main à ses femmes m’avait rendue meilleure et plus heureuse.

En tant que Maire et en tant que femme. Comme un rappel de ce qu’est au fond cette mission de Maire, ce lien qu’on créée avec les habitants, ce rapport direct qu’on a avec eux, cette possibilité d’agir sur leur quotidien, de changer la vie de certains, ce sentiment d’un destin commun qui s’incarne dans ces moments si particuliers.

Il y en a eu beaucoup d’autres des moments comme celui-là, il y en aura, je crois, si vous me faites confiance à nouveau, encore beaucoup d’autres.   

Car ne vous y trompez pas.

Le choix que vous aurez à faire les 15 et 22 mars prochain sera déterminant pour notre avenir et celui de nos enfants. Nous ouvrons une voie nouvelle pour vivre la ville autrement. 

Dans un Paris solidaire, un Paris qui respecte la nature et le vivant, un Paris qui donne la parole à ses habitants, un Paris qui innove, un Paris qui respire, un Paris qui tend la main.

À celles et ceux qui croient que ce Paris est acquis, dites-leurs que nous avons face à nous des partisans du retour en arrière. 

Face à ce risque, de vivre moins bien demain, de baisser les bras face au dérèglement climatique, de laisser de côté les plus fragiles, nous devons nous mobiliser, mobiliser les forces vives de Paris, les Parisiennes et les Parisiens.

Nous devons nous unir comme nous avons su le faire tant de fois. 

Avec celles et ceux qui savent que l’enjeu climatique est crucial, que la justice sociale est un combat permanent, que le respect de l’autre ne se négocie pas. 

Nous devons aller vers tous les Parisiens.

Leur dire qu’ils pourront participer à la transformation de leur ville, dans leur quartier, dans leur rue, au pied de leur immeuble.

Il nous reste deux semaines pour les convaincre de prendre part à cette belle aventure.

Mes amis, allons vers eux, j’y prendrai ma part, je serai là pour bâtir avec vous, avec eux, un Paris en commun.