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L’insécurité a-t-elle augmenté durant le confinement à Paris ?

Non classé — 13 juin 2020

Le confinement, période de grave crise sanitaire, a aussi été une période particulière dans la vie des parisiennes et des parisiens. Selon la préfecture de police, cette période a eu pour effet une baisse des faits de délinquance. Néanmoins, le très faible nombre de personnes dans la rue a pu renforcer chez certains le sentiment d’insécurité. Par ailleurs, certains quartiers de Paris, mais aussi certains commerçants ont connu une persistance et une évolution des faits de délinquance. Nous avons voulu faire le point sur le sujet.

Commençons par les chiffres et, bien qu’il faille rester prudent avec les statistiques, il est à noter que la préfecture de police a enregistré pendant cette période une forte baisse des faits de délinquance, tant des atteintes volontaires à l’intégrité physique (-14,04%) que des atteintes aux biens (- 9,77%), mais aussi trois fois moins de violences volontaires, cinq fois moins de vols et de cambriolages à Paris que l’année passée sur la même période. Néanmoins, cette baisse ne saurait cacher que les commerces ont été la cible privilégiée d’effractions pendant cette période.

Aussi, et tandis que les services de police ont réduit leurs activités d’initiative, notamment en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, dans ce contexte de crise sanitaire, les maires d’arrondissement ont, eux, pu être saisis par les habitants, qui les ont prévenus de la présence d’usagers de drogues, particulièrement visibles et la reconstitution de points de deal sur l’espace public ou dans les halls et les parties communes des immeubles. Ces signalements ont systématiquement été transmis à la préfecture de police afin que les effectifs y interviennent et y renforcent leur action.

De l’utilité d’une présence soutenue sur l’espace public

En réponse, la maire de Paris Anne Hidalgo a envoyé mi-avril un courrier au ministre de l’Intérieur afin de demander le déploiement de plus d’effectifs de police, notamment dans le Nord-Est de Paris compte tenu d’une persistance mais aussi d’une évolution des faits de délinquance, malgré les mesures de confinement.

De son côté, la Ville de Paris a organisé et adapté son plan de continuité d’activité autour des missions essentielles pour répondre à cette crise inédite. Ainsi et pendant toute cette période, les agents de la Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection (DPSP) ont maintenu une présence soutenue sur l’espace public, en adaptant leurs interventions.

Les agents, présents sur la voie publique, ont assuré des patrouilles de tranquillité publique, évincé régulièrement des personnes dans les jardins et les espaces sportifs, protégé les bâtiments publics encore ouverts, et lutté contre le stationnement très gênant. Un renforcement de l’assistance aux publics les plus fragiles, les plus vulnérables, dans ces conditions particulièrement complexes a été mis en œuvre.

Jusqu’au 11 mai, les agents ont procédé à plus de 180 000 contrôles du confinement et ont dressé environ 5000 procès-verbaux pour non-respect du confinement dont près de 900 PV dans les espaces verts, et les terrains sportifs fermés.

Une augmentation des violences conjugales et intrafamiliales

La période de confinement a également été à risque pour les victimes de violences conjugales et intrafamiliales. Leur sécurité a été pendant le confinement une priorité qui a mobilisé les services de la Ville, de la police et de la justice. Les associations qui viennent en aide aux victimes se sont réorganisées pour continuer à les accompagner pendant le confinement.

La Ville de Paris a notamment pris des mesures pour la bonne information des victimes et témoins, ainsi que pour la mise à l’abri des femmes et enfants qui fuient en urgence leur domicile. Les répondants du 3975 ont été formés à orienter les victimes ou témoins, avec le soutien de l’Observatoire Parisien des Violences faites aux Femmes (OPVF). Les points d’accès au droit (PAD) parisiens ont maintenu des permanences d’urgence. Les services sociaux de la Ville de Paris ont enfin travaillé à un protocole de rappel téléphonique des victimes déjà identifiées afin de connaître leur situation actuelle et le cas échéant de faire un signalement au parquet de Paris.

La mise à l’abri a également été la priorité. Une quinzaine de logements de typologies différentes, à des adresses tenues secrètes, ont été mises à disposition par la Ville pour des femmes et enfants victimes ayant quitté leur domicile en urgence. 11 places en CHRS pour permettre l’éviction du conjoint violent ont été cofinancées par la Ville et l’État. Ce dispositif vise à prévenir et lutter contre la récidive immédiate des auteurs de violences conjugales, protéger indirectement la victime (et les enfants présents au domicile) dans l’attente de l’audience pénale et proposer une alternative au domicile conjugal à travers une prise en charge socio-éducative hebdomadaire, psychologique, juridique et une solution d’hébergement stable.

La nécessité d’une police municipale non-armée, paritiaire et formée

La crise du COVID-19 a démontré toute la nécessité d’une police municipale parisienne présente sur le terrain, au contact des Parisiennes et des Parisiens, et aux missions complémentaires à celles de la police nationale. La police municipale parisienne a vocation à faire respecter les règles du quotidien et à protéger les Parisiennes et Parisiens, notamment les plus vulnérables. Ils seront 5 000 agents, avec autant de femmes que d’hommes, formé.es à la lutte contre les actes racistes, antisémites, sexistes et LGBTphobes, à agir en matière de sécurisation, verbalisation, médiation et prévention. La police municipale sera à l’image des Parisiennes et Parisiens : paritaire et ambitieuse,