Manifeste – Le Programme

Je me présente le 15 mars prochain parce que je veux continuer à agir pour vous comme Maire de Paris.

J’aime Paris et je crois que l’action politique peut améliorer la vie des Parisiennes et des Parisiens.

Paris est une ville incroyable. Elle est une capitale qui porte des valeurs universelles, mais aussi tout simplement notre maison.

Pour celles et ceux qui y vivent ou y travaillent, ce n’est pas toujours une ville facile. Nous en avons tous fait l’expérience. J’en ai fait l’expérience. Comme beaucoup, je ne suis pas née ici, j’ai été cette
jeune femme qui a eu du mal à se loger, cette mère de famille qui a dû concilier son rôle de mère et sa carrière.

Comme toutes les Parisiennes et les Parisiens, je veux me déplacer facilement et rapidement, mais ne pas souffrir de la pollution. Je veux vivre au cœur de la ville, avoir accès à mille théâtres, musées et cinémas, mais pouvoir aussi me reposer à l’ombre d’un arbre. Je veux pique-niquer dehors et retrouver ma ville propre le lendemain matin. Je veux l’effervescence mais avoir aussi le droit de prendre mon temps sans être bousculée.

Être Maire de Paris, c’est affronter ces contradictions. C’est aussi répondre concrètement à des urgences. L’air que respirent mes enfants va-t-il leur donner des bronchites à répétition aujourd’hui et un cancer demain ? Comment se loger avec un petit budget quand on n’a pas la chance d’avoir un logement social ? Comment avoir une vie de famille sereine dans cette grande ville ? Comment faire de Paris une ville propre où l’on se sente en sécurité ? Par quels moyens réguler le tourisme de
masse que beaucoup d’entre vous ne supportent plus ? Comment garantir la liberté et l’épanouissement des femmes et de toutes les personnes LGBTQI+ ?

Depuis six ans, nous agissons pour que les choses changent à Paris.

Nous agissons pour faire respirer Paris. Les berges de Seine ne sont plus une autoroute au milieu de la ville mais un endroit de balades et de pique-niques. Les grandes places de Paris ne sont plus des ronds-points pour les voitures et ont été rendues aux piétons et aux vélos. 1000 kilomètres de pistes cyclables permettent de se déplacer beaucoup plus facilement à vélo. Et les résultats sont là puisque la qualité de l’air s’améliore.

Cette ville plus verte, plus respirable, est aussi une ville qui reste accessible aux classes moyennes et populaires. Un Parisien sur quatre vit dans un logement social. Un enfant sur deux est accueilli à la crèche. Pour aider les familles, nous avons rendu les transports gratuits jusqu’à la fin du collège.

Ces changements sont nombreux à avoir été pensés avec vous : une partie du budget est décidé directement par vous chaque année, grâce au budget participatif qui a permis de mieux comprendre vos priorités.

J’ai beaucoup appris grâce à vous, grâce aux milliers de réunions, de rencontres, d’échanges, d’encouragements comme de témoignages de colère et parfois d’incompréhensions. Je le sais bien : changer une ville ne se fait pas sans déranger des habitudes ni occasionner des dérangements. Mais c’est ma conviction : notre ville doit continuer à changer pour rester vivable.

C’est encore plus vrai aujourd’hui. Le climat et l’écologie nous rappellent très clairement, tous les jours, que nous avons 10 ans pour agir et, à Paris, pour faire en sorte que notre ville reste agréable dans un climat qui n’est plus du tout celui des années du baron Haussmann ni même celui de l’élection de Jacques Chirac en 1977. Notre ville, si belle, où la pierre occupe une place importante, n’est pas encore faite pour affronter des températures extrêmes. Les épisodes de canicule sont chaque année plus longs, plus fréquents, plus intenses, et les plus fragiles, qu’ils soient de jeunes enfants ou des personnes âgées, en souffrent terriblement. L’été dernier a été pour nous tous une nouvelle alerte.

Je ne découvre pas ce défi. Il était déjà là en 2014. Il est simplement devenu plus urgent.

D’autres sont apparus au cours des six dernières années. La police nationale a délaissé la sécurité du quotidien pour se concentrer sur la lutte contre le terrorisme. Des femmes et des hommes sont arrivés dans notre ville après avoir fui les guerres, la misère, les sécheresses et quand certains d’entre eux vivent dans la rue, ce n’est acceptable pour personne. Les grandes plateformes numériques ont pris toujours plus de place : elles menacent le logement des Parisiens, les petits commerces, la qualité de notre vie, les conditions de travail et nous devons nous battre pour ne pas les laisser prendre le contrôle de notre ville. De plus en plus de personnes ont envie de prendre le temps, de souffler, de profiter de leur quartier.

Paris est notre commune. Nous partageons cet espace, nous respirons le même air et buvons la même eau. Il appartient à toutes et tous mais n’est possédé par personne. Ce ne sont pas les lobbies, les intérêts privés ou le profit de quelques-uns qui doivent décider de l’organisation de la ville et de qui peut y vivre. C’est notre intérêt commun, un intérêt qui prend aussi en compte les générations futures et la préservation de la planète.
Nous ne laisserons jamais la peur, la fatalité, les intérêts privés et les égoïsmes décider de notre destin.

Je ne le ferai pas sans vous. Je ne l’ai jamais fait toute seule. J’ai la chance et l’honneur, depuis 2014, de diriger Paris avec une coalition qui regroupe des élus qui ont différentes sensibilités politiques mais qui partagent des valeurs fondamentales. Ce sont des personnalités libres, courageuses, déterminées, dont beaucoup sont aujourd’hui vos candidats pour défendre notre bilan et vous présenter notre vision pour Paris. Nous avons été rejoints par de nouvelles personnes, dont beaucoup se lancent pour la première fois. Ils représentent les mille visages de notre ville.

En mars prochain, avec vous, nous pouvons faire une ville plus verte, plus douce, plus juste, qui prend soin de chacun de nous : un Paris en Commun.

Pourquoi je défends une politique des communs ?

Vivre à Paris, c’est partager un espace urbain, ses ressources et une vitalité qui s’exprime sous toutes ses formes. Dans ses rues, places, jardins, parcs, berges, boulevards, mais aussi dans ses murs, lieux de culture, commerces, services, ses kiosques à musique, etc. La ville s’incarne sous nos yeux, au travers des lieux sensibles, lieux de vie, de travail, de loisirs, de rencontres, qui sont essentiels, pour notre qualité de la vie.
Le changement climatique et ses effets visibles au travers les canicules, la pollution de l’air, qui a de lourdes conséquences sur la santé urbaine, la place de la nature, de l’eau et de la biodiversité font aussi partie aussi des nouveaux combats essentiels pour les années à venir. 
A l’heure du numérique, de la connexion permanente où nous sommes producteurs et consommateurs des données, de nouveaux leviers s’offrent également à tous pour approfondir la vie démocratique, et nous impliquer fortement dans la vie de ce Paris que nous aimons.
Cet ensemble visible et invisible, qui fait notre ville aujourd’hui et demain, est notre bien commun et il se trouve au cœur de notre qualité de vie et de notre engagement pour le préserver au service de tous : l’air, l’eau, la Seine, la nature, la biodiversité, l’espace public, l’ombre, les données, les règles de vie, de régulation, notre manière de décider, de sauvegarder notre qualité de vie, etc.

Les communs urbains, pour nous, c’est un engagement pour agir ensemble pour défendre toutes les ressources nécessaires à la qualité de vie pour chacun et chacune. Pour les mettre à l’abri de la loi du plus fort, de la marchandisation à outrance, pour faire une ville qui offre à chacun, chacune, l’accès à ses ressources, mais aussi à la solidarité, à l’innovation économique, écologique et sociale. 
Avec les communs urbains, nous continuerons à construire l’avenir des Parisiennes et des Parisiens, à l’écart des intérêts particuliers, pour la défense de l’intérêt général et la qualité des services publics.

Avec les Communs, nous voulons :

  • Nous opposer à l’appropriation de la ville par des logiques marchandes. Avec les communs numériques nous luttons contre les plateformes destructrices de valeur, de qualité de vie et de travail telles Airbnb, Uber, Amazon. Avec les communs fonciers, nous nous battons contre la spéculation immobilière. 
  • Défendre le service public. Nous croyons que la puissance publique a un rôle majeur dans la vie urbaine et nous l’avons déjà démontré avec succès avec la municipalisation de l’Eau de Paris. Comme l’eau devenu un commun, opéré par la Ville et accessible à tous, nous porterons de nouveaux projets de municipalisation et nous chercherons à chaque fois à renforcer l’implication des citoyens dans toutes les décisions prises par ces nouveaux opérateurs municipaux.
  • Faire respecter l’expression de la ville. A l’heure où les pouvoirs étatiques sont dépassés par la puissance des villes, nous voulons que l’expression de Paris, ville capitale, ville – monde, ses actions et décisions soient respectés. Développer les communs urbains est aussi une démarche collective pour renouveler la démocratie et donner de la voix aux citoyens, aux arrondissements, pour favoriser les lieux de vie, de création, de participation et d’action.   Nous voulons que chacun, chacune, puisse accéder à la décision sur les sujets qui le/la concerne. Nous nous attacherons à donner la parole à toutes et tous et à permettre le suivi et contrôle de ce qui a été décidé et acté.
  • Installer un nouveau partenariat public privé population. Les communs urbains sont aussi une voie pour ré imaginer les relations avec le secteur privé dans ses multiples expressions, avec comme leitmotiv, toujours, la lutte contre la marchandisation, la préservation de l’intérêt général, la défense de la qualité de services et la haute qualité de vie pour les Parisiens et Parisiennes. Nous poursuivrons et amplifierons nos efforts pour engager les entreprises parisiennes dans des ambitions environnementales et sociales. Nous soutiendrons aussi des projets de coopératives qui associent la Ville et d’autres acteurs publics aux côtés de partenaires privés et de la société civile.  

Les communs urbains, pour nous, c’est un engagement pour agir ensemble pour défendre toutes les ressources nécessaires à la qualité de vie pour chacun et chacune. Pour les mettre à l’abri de la loi du plus fort, de la marchandisation à outrance, pour faire une ville qui offre à chacun, chacune, l’accès à ses ressources, mais aussi à la solidarité, à l’innovation économique, écologique et sociale.  Avec les communs urbains, nous continuerons à construire l’avenir des Parisiennes et des Parisiens, à l’écart des intérêts particuliers, pour la défense de l’intérêt général et la qualité des services publics.